Londres #1, le jour du départ.

Londres.
La ville où, en 2016, on trouve encore des cabines téléphoniques à chaque coin de rue… mais aussi des cabines Wifi ! Et ouai, si t’es à court de crédit ce n’est désormais plus un problème tant que t’as un Smartphone qui capte le Wifi et qui a Facetime, Viber ou que sais-je (c’est-à-dire que, contrairement à moi, tu as enfin lâché ton Nokia 3310).

cabine wifi - copie

Un mercredi tristoune de Février, je suis donc partie chez les Anglishes pour 4 jours. Une fois de plus c’est le travail qui m’amène à voyager, et j’en profite pour prolonger mon séjour. Comme d’hab’.
Sauf qu’en vérité, je ne voulais plus y aller. Je traverse une crise existentielle (et oui, même Laura Gondin crise parfois), et je n’ai envie que d’une seule chose en ce moment : rester cachée sous ma couette bien à l’abri du reste du monde. Sauf que je devais faire une présentation pour le boulot le jeudi, et que mes billets étaient réservés depuis un moment déjà. J’ai bien tenté de les changer pour revenir sous ma couette directement après la conférence – mais le coût de l’échange était plus élevé que le coût de l’auberge pour 2 nuits ! Du coup tant pis, je vais devoir faire avec et rester coincée à Londres jusqu’à dimanche.

Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir foutre là-bas ?! me demandai-je. J’en suis pas à mon premier tour à Londres et du coup, je connais déjà les coins et monuments les plus emblématiques… Et puis, comme je suis en crise ne l’oublions pas, j’ai juste PAS ENVIE.

C’est là que j’ai eu l’idée la plus brillante du siècle (mais non, je ne suis pas marseillaise). Mon angoisse existentielle étant principalement liée à l’absence totale d’inspiration et de motivation tant au niveau du boulot que de l’écriture des aventures de Laura Gondin, et même plus généralement de la vie – surtout quand il s’agit de cuisiner quelque chose de plus élaboré que des pâtes ou d’aller à la piscine en vélo, j’ai décidé d’utiliser cette escapade londonienne comme une retraite de l’écrivain, une mise au vert à la ville. Alors que bon, j’aime pas trop les villes en règle générale. Mais que veux-tu, il faut faire avec ce qu’on a des fois.
Un peu rassurée sur la perspective de ce weekend, je suis donc prête à partir. Prête ? Euh… Il me reste deux heures avant le départ et je suis encore en pyjama, ma valise n’est pas faite, et j’ai oublié la carte bleue professionnelle au bureau. Bloody Hell ![1]
Hop, je saute dans la douche express, je m’habille avec les premières guenilles pas trop sales que je trouve dans ma chambre, je rempli un grand saladier de croquettes, un autre d’eau et je vide la litière pour mon chat que j’abandonne. J’essaye de réfléchir en vitesse à ce dont j’ai besoin, je bourre ma valise de culottes propres, « qu’est-ce que je vais porter à la conférence ? Une robe tailleur ? Non, la merde », du coup je rajoute un jean pas trop délavé et 2 tee-shirts, une petite veste histoire de, quand même. Trousse de toilette, j’ai failli l’oublier ! Deux brosses, une à dents une à cheveux, du déo, un tube à moitié vide[2] de crème hydratante chopé dans un hôtel quelque part, du dentifrice, un vieux mascara sec. Ça devrait le faire. Je comble l’espace vide dans la valisette avec un tas de nœuds de câbles (tél 1, tél 2, ordi, écouteurs). Pas moyen de mettre la main sur un adaptateur pour les prises, pourtant j’en ai toute une collection vu que je les oublie à chaque fois. Tant pis, j’en rachèterai un, encore… Je rajoute des bouquins de droit, sait-on jamais, parce que j’ai pas fini mon Powerpoint pour le lendemain. A dire vrai, je n’ai que la page de présentation avec le titre et mon nom, vu que j’ai beaucoup procrastiné. La faute à la crise existentielle[3].

Plus qu’une heure.

Je saute dans ma bagnole, je fonce au bureau (25 min de route), je chope la carte bleue et une clé USB au cas où, je fonce garer la tuture à la maison, je fais un bisou au chat, je saute dans le bus, j’arrive à la gare de Bruges, je saute dans le premier train pour Bruxelles. À 5 min près je l’aurais loupé. Gare de Bruxelles midi une heure plus tard. Il me reste 10 min pour aller choper l’Eurostar alors que, soit dit en passant, c’est bien marqué sur le billet qu’il faut se présenter 30 min en avance (oui parce que les Anglishes, encore et toujours eux, ne font pas partie de l’espace Schengen). On est 3 péquenauds frénétiques à courir comme des andouilles. Hop, contrôle du billet, contrôle d’identité par les belges, contrôle d’identité par les anglais, portiques de sécurité, escalator, voiture 4… et Yes ! Le train part pour Londres. Pfiou. C’était les heures les plus mouvementées de tout mon mois, ma foi. D’un autre côté j’aime pas trop attendre dans les transports. Et malgré ça j’ai jamais rarement loupé un train !

©eurostar.com
©eurostar.com

Bref, pas de bol, je suis assise à côté d’un gros qui déborde sur mon siège. Collée à la fenêtre, je me contorsionne pour sortir mon ordi de mon sac. Je m’étais dit que je bosserai sur la présentation dans le train. Mais après tout, ce n’est que le lendemain soir vers 17h que je passe. J’ai large le temps. Du coup, j’ai joué à Tomb Raider pendant les deux heures de trajet.
Arrivée à St Pancras Station, je regarde ma confirmation de réservation pour deux nuits dans une maison d’hôte. C’est vers Covent Garden, mais c’est marqué là, en tout petit, que l’enregistrement ne se fait que jusqu’à 18h. Il est 18h10, heure locale. Et m****. J’appelle le numéro, une dame très gentille répond qu’il y a encore quelqu’un sur place, pas de problème. Coup de bol. Comme je n’ai pas de carte (ni de GPS, mais ça jamais !), j’en profite pour demander à quel arrêt de métro je dois m’arrêter (Leicester Square), et si ils ont des adaptateurs (non). Je file dans la gare acheter un adaptateur, puis je m’engouffre dans le « tube » londonien après avoir racheté une Oyster card[4] (encore un truc que je collectionne et que j’oublie à chaque fois). A Leicester Square, je trouve un plan du quartier et je repère la rue de la maison d’hôte.

Parenthèse : Si je devais trouver deux raisons pour lesquelles j’adore Londres, mais que j’avais oublié pourquoi, les voici.
1° Il y a des plans partout, à tous les coins de rue ! Et ça pour une nouille comme moi qui voyage (souvent) sans plan et sans internet, c’est fantastique.
2° Les gens sont si polis et respectueux. Dans le tube, personne ne te bouscule. Peu de gens courent, et quand ils le font ils le font bien, tranquille. Pour monter dans la rame, personne ne se précipite. Ils attendent tous patiemment que les passagers descendent, et ne s’énervent pas quand ces derniers sont lents… Les quais comme les rames sont calmes. Bon par contre, c’est la même moiteur puante que dans le métro parisien. On peut pas tout avoir.

Underground

Dans une petite ruelle au calme, mais en plein centre de Londres, je trouve l’adresse de la maison d’hôtes. C’est une vieille maison londonienne, façade noire. Et il n’y a rien d’écrit dessus. J’essaye de regarder par la fenêtre pour vérifier que c’est bien ici, et là un type ouvre la porte. Il m’attendait. Un peu pressé, il prend vite fait une photo de ma carte d’identité, me montre la chambre, la salle de bain, me file les clés, et se barre.

guest house

Et pour le Wifi ? Je demande à des hôtes que je croise dans le couloir, qui me disent qu’il faut payer 10£ en plus par jour pour avoir internet. La merde, tant pis. J’ai mes bouquins, pas besoin. Je sors me prendre de l’indien à emporter au coin de la rue, parce que j’ai pas mangé à midi et que j’ai la dalle. J’ai l’intention de me faire un festin dans la chambre en bossant sur ma présentation. L’agneau Massala est délicieux – le mythe de la meilleure gastronomie anglaise étant l’indien est bien plus proche de la réalité que l’on ne pense. Mais purée, qu’est-ce que ça pique ! J’en ai le nez qui coule et les oreilles qui grattent.
J’ouvre l’ordi, je branche la clé USB, et… Ho ! Que vois-je ! Il y a toute la série des Die Hard là dessus. Quelle bonne surprise. Il est 20h, je lance Piège de Cristal en me disant que, après tout, je pourrai me lever de bonne heure demain pour bosser ma présentation.

Allez, à ciao les loulous.

[1] Comme disent les Anglishes.

[2] Là, ami lecteur, tu notes bien le moral dans les chaussettes non ? Car sinon j’aurais dit « à moitié plein ».

[3] Les excuses sont faites pour s’en servir.

[4] Carte rechargeable pour le métro, pour info.

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2 Comments

  1. 22 mars 2016
    Reply

    Premier article de ton blog que je lis et… Sûrement pas le dernier ! J’adore la forme, j’adore le fond, j’adore le ton de ton texte. Tout est ultra bien géré : le rythme, l’humour, les « références », etc. Bref, j’ai été conquise ! Je m’en vais donc de ce pas en lire un second, et pourquoi pas un troisième… Après tout, moi aussi je bosserai mes présentations demain! 😉

    • laura
      29 mars 2016
      Reply

      Super ! Merci Marion 🙂 et vive la procrastination ! (d’ailleurs, je suis encore en train d’éviter de bosser sur une autre présentation en répondant à tes commentaires…)

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